Suite du livre en train de s’écrire, intitulé :
Traité de savoir-survivre à l’usage
des jeunes générations.
Pour les épicuriens, le véritable plaisir se situe dans l’inaction, le repos et la détente, là où l’âme et le corps fusionnent.
Pourquoi la paresse est-elle l’un des sept péchés capitaux, alors qu’au début de l’histoire elle est une donnée de la nature et que le travail apparaît comme une damnation, subie par l’esclave ?
La main dans la main le faux christianisme et le vrai capitalisme nous ont conditionnés à toujours agir, à toujours nous dépasser, à accumuler. Si dans la Bible Dieu dit : « Tu te nourriras à la sueur de ton front », Jésus heureusement répond : « Regardez les oiseaux des champs, ils ne sèment ni ne moissonnent ». Quant au Coran, pour se conformer à la volonté du Tout-Puissant il demande de suivre l’exemple des fourmis et des abeilles et de mépriser les distractions.
Pour la société marchande la paresse est à combattre, c’est du temps perdu. Le système n’accepte que ce qui se quantifie, ce qui est utilisable ou échangeable. Une vue aussi courte que la notion de Produit Intérieur Brut qui ignore les actions du bénévolat mais tient compte des indemnités versées par les assurances, après les catastrophes naturelles !
Tous les affairés, les stressés et autres agités qui s’escriment à remplir de vent le vide de leur existence, sont conditionnés à surveiller les oisifs, à froncer des sourcils réprobateurs devant les rêveurs.
Des handicapés de l'esprit qui font la loi alors qu'ils n'ont jamais su penser par eux-mêmes. Ils ne voient le monde qu'à travers la grille de valeurs créées par la société pour la société. Ils courent tous si vite qu'ils ne peuvent se rendre compte que c'est eux-mêmes qu'ils fuient.
Pourtant, Pythagore conseillait déjà à ses disciples, de ne pas trop travailler, ni de trop manger.
L'oisif a l'habitude de la liberté, des chemins de traverse. Il a le temps de s'envoler au gré de son intuition ou de son imagination. Il n'est pas obligé, par le respect des délais et des plannings, à n'emprunter que les autoroutes de la pensée.
« Travaillez, travaillez, prolétaires, pour agrandir la fortune sociale et vos misères individuelles, travaillez, travaillez, pour que, devenant plus pauvres, vous ayez plus de raisons de travailler et d’être misérables.. Telle est la loi inexorable de la production capitaliste ».
« Il faut que le prolétariat foule aux pieds les préjugés de la morale chrétienne, économique, libre-penseuse ; il faut qu’il retourne aux instincts naturels, qu’il proclame les Droits à la paresse, mille et mille fois plus nobles et plus sacrés que les phtisiques Droits de l’homme, concoctés par les avocats métaphysiciens de la révolution bourgeoise… »
« Ô Paresse, prend pitié de notre longue misère ! Ô Paresse, mère des arts et des nobles vertus, sois le baume des angoisses humaines. »
Paul Lafargue (1842-1911), Le droit à la paresse
Aucune attitude n'est plus subversive que la paresse. C’est la seule résistance non-violente possible face à l’imposture des puissants, aux maniaques du profit, aux pollueurs cyniques et aux endoctrinés du travail. En fait les paresseux sont de véritables saints, puisqu’ils ne cherchent pas à nuire aux autres, ils sont trop nonchalants pour se laisser aller à la haine, à la jalousie et à l’envie. C’est eux que les peuples devraient choisir pour gouverner, la paix règnerait enfin sur terre.
Avant d’obéir aux ordres du politiquement correct, avant de se retrouver enfermé dans la cage des conditionnements, celui qui veut comprendre le monde et se connaître lui-même, doit avoir le courage de prendre le temps de l'observation. Il sera aussitôt traité de paresseux, il devra résister aux critiques et quolibets des agités. Paradoxalement le paresseux ne doit jamais perdre sa vigilance.
À l’époque de la vitesse et de la compétitivité érigée en système, la connaissance de soi est devenue quasiment impossible ; c’est une gageure. Pourtant c’est la seule véritable richesse parce qu’elle ne peut être perdue, volée ou détruite.
L'oisiveté a toujours été considérée comme un vice par ceux qui sont incapables de penser réellement, incapables de conduire une démarche de l'esprit de façon autonome, hors du conditionnement social.
Ils détestent l'oisiveté parce qu'elle leur donne le vertige.
Le vertige devant le vide de leur cerveau.
Un cerveau strictement cantonné à l'enregistrement des signaux émis par le Grand Logiciel Social. Des signaux du type "L'avenir est à ceux qui se lèvent tôt" ou "Ne jamais remettre au lendemain ce qu'on peut faire le jour même".
Par définition personne ne peut se rendre compte de ses propres conditionnements. Aujourd’hui les gens sont conditionnés par l’humanitaire, la solidarité, le progrès, le bonheur, comme ils l’étaient précédemment par la religion, le travail, la famille ou la patrie. Un conditionnement social chasse l’autre.
A longueur de journée les médias présentent les malheurs du monde à travers des portraits d’hommes, de femmes et d’enfants dans des situations de misère extrême du fait de la famine ou de la guerre.
C’est pour imprimer en chaque électeur de base des sentiments de culpabilité. Il s’agit pour les politiques et pour tous ceux qui profitent du commerce de l’humanitaire et du commerce tout court, de pouvoir toujours compter sur une armée de naïfs très sensibilisés à une foison de faux problèmes. Les manipulateurs ayant l’art de faire croire qu’ils sont les seuls à détenir les réponses.
Il y a une profonde contradiction à faire confiance aux institutions, qui selon Spinoza, doivent contraindre les dirigeants à la vertu, puisque ce sont les hommes eux-mêmes qui fondent et gèrent les institutions. Or comment des êtres conduits surtout par l’intérêt, le désir de gloire, de pouvoir, de richesse ou emportés par la haine, aveuglés par les idées reçues, pourraient-ils mettre en place des institutions véritablement démocratiques ?
Pour Tchouang-tseu déjà, "un prince ne se distingue pas d’un brigand".
La démocratie est censée déléguer aux élus le pouvoir du peuple afin qu’ils le servent. En fait par la technique de la démagogie télévisuelle, la plupart des élus usurpent encore plus facilement qu’avant, le pouvoir du peuple pour satisfaire leur ego démesuré tout au service de Mammon, le Dieu Profit.
Ceux qui ont la chance et le bonheur de vivre dans une démocratie, et qui profitent de la liberté pour se livrer à la démagogie, au mensonge, à la calomnie et à la corruption, font ainsi le lit du fascisme et sont les plus grands des criminels.
Près d’un siècle plus tard, il semble inconcevable que tant d’hommes aient été victimes de la boucherie de 14-18, une hécatombe supportée à l’époque sous le prétexte dérisoire du patriotisme.
Aujourd’hui les travailleurs acceptent d’être ponctionnés de plus des trois quarts de leur salaire (part patronale comprise), sous le prétexte de Solidarité. Fausse solidarité parce qu’à côté de prélèvements tout à fait justifiés comme ceux qui concernent le chômage, la santé ou la retraite, ils doivent payer aussi pour soulager la misère du monde qui n’est pas de leur fait, qui est le fait de la corruption et de l’abus de pouvoir et de la bêtise.
Ils sont saignés à blanc pour que tous ceux qui les grugent puissent continuer leur exploitation et que les parasites puissent continuer à consommer et à procréer.
La société inculque la solidarité à ses membres tout simplement pour que jamais l’instinct naturel de procréer ne soit mis en cause. Comme si tous les membres de la société étaient solidairement responsables de tous ceux qui y naissent.
Alors que nous ne sommes pas responsable de notre propre naissance, la société nous rend responsable de toutes les naissances.
Celui qui part à la recherche de soi, qui cherche à se libérer d’un maximum de conditionnements sociaux, se retrouve évidemment seul face à tous ceux qui n’ont pas accompli la même démarche.
Rare sont ceux qui ont la force de résister à la pression sociale. Les autres doivent ruser, feindre, conserver un vernis d’être social et continuer leur voyage intérieur en bon acteur, en respectant un minimum de conventions extérieures pour donner le change. Sinon la société vous brise, comme elle a détruit avec patience et méthode Antonin Artaud et tant d’autres.
Si chacun savait à quel point il est seul et incompris, il se suiciderait à l’instant. Mais la société a inventé pour ses rouages humains mille artifices pour qu’ils soient tous persuadés de servir à quelque chose et la nature a mis suffisamment d'hypocrisie en chacun de nous pour faire croire aux autres que nous nous intéressons à eux.
Lorsqu’on connaît parfaitement l’homme, on voit clair dans son jeu. On prévoit ses erreurs et ce qui l’attend au tournant.
Les autres ne comprennent pas notre manque d’étonnement face aux catastrophes qui les frappent, ni nos yeux secs devant les malheurs qu’ils subissent. Mais comment s’étonner de ce qui est inéluctable, de ce qui n’est que la conséquence directe de la mécanique de la survie de l’espèce et de la propagation du genre humain.
Avant la radio et la télévision, la société avait inventé les fêtes, les foires, les carnavals, et même les processions pour occuper l’esprit des hommes entre deux corvées.
Fanfares, cris, chants, mouvements, lumières, couleurs, mais si peu de joie dans les cœurs.
Les costumes et les masques ne parviennent même pas à cacher la tristesse et l’ennui.
Nous laissons notre mémoire se transformer en dépotoir où se déversent en continu matraquages publicitaires, informations inutiles et discours dérisoires.
Trop d’informations incohérentes et désordonnées tuent l’information. Pollutions de l'esprit, insultes permanentes au silence, à la méditation, à la reconquête de soi.
C'est pourquoi il est urgent de s'entraîner au tri sélectif.
Il faut se protéger de la " Tyrannie de la Marchandise " en ajustant des filtres à chacun de nos sens.
Les escrocs, pour leurs inavouables affaires et pour satisfaire leur volonté de puissance ont toujours cherché, dans le passé, à gouverner les hommes en leur faisant croire qu’ils obéissaient à Dieu et qu’il fallait faire confiance à Sa Providence. Une immense supercherie qui n’a pas vraiment disparue, mais qui s’est fondue dans la croyance au progrès, à l’égalité, à la fraternité et à la liberté. Où sont l’égalité, la fraternité et la liberté dans le monde aujourd’hui, après deux cents ans de productivité continue ?
En ce qui concerne le Progrès, c’est toujours la même source ; le Dieu de la Bible qui a donné la Terre aux hommes afin qu’ils l’exploitent. Et pour l’exploiter, ils l’ont exploitée, et la grande masse des hommes avec.
Or Gaïa est un Organisme vivant dont l’homme est partie prenante. Mais cette créature ratée ne se lasse pas de la dégrader, de la briser, comme si ce n’était que son jouet. Se faisant, c’est contre lui bien sûr que se retournent ses agitations. Si les écologistes nous incitent avec raison à respecter la nature, l'homme étant « plus bête que les bêtes », comme disait Diogène, il ne veut pas comprendre ce message, d'ailleurs très mal ciblé. En effet la nature se moque complètement qu'on la respecte ou non. Elle n’est pas née d’hier. D'un cataclysme à l'autre, elle retournera encore la terre et ses misérables habitants avec. C'est lui-même et ses semblables que l'homme doit respecter s'il ne veut pas mourir étouffé par ses propres déchets. Mais voilà, l’homme est le seul animal incapable de se respecter lui-même.
Si l’homme doit préserver la nature c’est dans son seul intérêt, puisqu’il est la première et la seule victime consciente de ses propres errements.
Mais si l’espèce humaine n’est pas capable de protéger son environnement, c’est qu’elle ne mérite pas de survivre.
ANNABA
(A SUIVRE)Suite du livre en train de s’écrire, intitulé :
Traité de savoir-survivre à l’usage
des jeunes générations.
Les chaînes de télévisions sont autant d’amplificateurs de l’insignifiance, du dérisoire et du futile, quand ce n’est pas de la pire des violences.
La télévision perfuse démocratiquement à tout un chacun l'American Way of Life.
Idéologie du Fric saupoudrée d'amusements débiles avec applaudissements enregistrés. Mais méfions nous des distractions futiles. Elles ne sont pas innocentes, elles perfusent la soumission.
Comment des responsables de chaînes publiques peuvent-ils laisser diffuser des émissions où l’on voit des sketches de "caméra cachée" innommables comme celui où un animateur urine sur l’étalage de fruits et légumes d’un épicier. La colère du commerçant et les réparties du pitre de service font s’esclaffer tous les invités : élus, artistes, écrivains et autres membres de cette bien triste "intelligentsia", toujours de connivence, même sur la stupidité la plus insoutenable. Pour faire rire le bon peuple, doit-on obligatoirement blesser et outrager le premier quidam venu ?
« [À la télévision], Résumer en une phrase et demie, avec un vocabulaire de trois cents mots, sous le prétexte que tout le monde doit comprendre, des thèmes philosophiques ou de sciences humaines auxquels des penseurs, des écrivains, des esthètes ont réfléchi leur vie entière… Quelle impudeur ! » Gérard Manset dans le Figaro magazine du 20 mars 2004
Qui peut encore nier l’évidence d’une décadence par un accroissement de la masse ? Si le mal ne date pas d’aujourd’hui, s’il est profondément ancré dans la nature de l’homme, le progrès technique et la démesure de la masse humaine, lui donnent une force de destruction jamais égalée.
Alfred Capus (1858-1922) qui est pourtant décédé avant l’avènement de la télévision, en avait senti les prémisses en écrivant que si les imbéciles ont toujours été exploités, aujourd’hui (on peut rajouter grâce à la télé), ils triomphent, voilà pourquoi le monde est perdu !
Les émotions et les sentiments de peur, de jalousie, de haine, sont la nourriture du mental comme les pâtes ou le poisson sont la nourriture du corps. Une mauvaise alimentation de l’esprit entraîne toujours un mauvais développement de soi et bien souvent, la confusion mentale.
Les gens ne se rendent pas compte que l’agressivité, la violence, la bêtise et l’absurde qui constituent la trame de la plupart des spectacles, films, jeux, feuilletons, journaux, débats, créent en eux des émotions négatives qui s’ajoutent à celles qu’ils subissent dans leur vie quotidienne. Ces angoisses artificielles et totalement vaines pompent leur énergie, leur puissance vitale et donc les affaiblissent psychiquement. Sans parler des conséquences sur un enfant qui à cause de la télévision connaît déjà toute la gamme possible des émotions négatives.
C’est une des raisons pour lesquelles les gens ont de plus en plus recours à l’aliénation chimique, aux pilules miracles, antidépresseurs et autres anxiolytiques. Un véritable gâchis puisque ces victimes des médias modernes sont sûrement dotés des talents qu’ils pourraient développer pendant tout ce temps consacré à la perfusion de surdoses de crétineries.
Nous possédons beaucoup d’énergie en nous, mais si nous la dépensons dans des enthousiasmes futiles ou des colères et des émotions dérisoires, très peu restera disponible pour un véritable travail permettant une maîtrise de soi. Si nous avons des émotions négatives, c’est que nous ne les maîtrisons pas.
La télévision étale au grand jour les turpitudes, les mesquineries, la bassesse de pensée des puissants, les poncifs et les stéréotypes des vedettes de tout poil, des héros de papier et des demi-dieux cathodiques du jour.
Des émissions débiles qui occupent le terrain afin que le peuple ne dispose plus d’un seul moment de tranquillité pour méditer sur l’absurdité du monde. C’est pourtant le passage obligé pour comprendre la cohérence de l’univers et trouver la paix ! Dire que le seul véritable héros de l’histoire guerrière des peuples, c’est le Mahatma Gandhi, qui sans combattre, a remporté la victoire sur les Anglais. Alors quel anachronisme ces spectacles toujours de plus en plus sanguinaires au cinéma et à la télévision.
Quand la télévision ne déborde pas de violence et de vulgarité, elle dégouline de bons sentiments qui ne cachent qu’hypocrisie et duplicité. Elle veut faire croire encore et toujours, afin de rendre chacun irresponsable et donc conditionnable, que « l’homme est bon et que c’est la société qui le corrompt ». Alors qu’à l’évidence la société n’est composée que d’hommes et de femmes, et que ce sont bien eux qui corrompent ou se laissent corrompre et aucune entité au dessus d’eux. Ils sont responsables de leurs actes ignobles, sans aucune excuse, sans aucune circonstance atténuante.
Le téléphage se plonge également dans l’insignifiant spectacle de la vie des stars parce qu’il a peur de se retrouver seul avec lui-même, seul devant l’angoissante question de la nullité de son existence. Pour compenser le peu d'attrait qu'il trouve à son propre destin, il vit par procuration des aventures qu'il juge à sa portée parce qu'elles lui paraissent juste un peu moins bêtes que les siennes.
C'est ainsi que les américains n'ont vraiment le sentiment d'avoir existé que lorsqu'ils sont passés à la télévision.
L'Amérique est aux antipodes de la spiritualité, c’est à dire aux antipodes de ce qui fait que l'homme n'est pas seulement un animal.
L’homme d’aujourd’hui, consomme des antidépresseurs, des neuroleptiques, des tas de calmants et d'excitants. Il boit et il fume pour ne pas prendre le temps d'écouter son mal de vivre. Incohérence de l'homo sapiens, aussi ahuri qu'hébété sur cette planète, et il faut quand même qu'il donne la vie.
Aujourd'hui, pour que la vie ait un sens, il faut devenir une image, une reproduction. Paradoxalement dans ce monde matérialiste, seuls les fantômes ont vraiment de l'importance. Simplement Être n'apporte que sentiment d'infériorité et de nullité. C'est un supplice pour un jeune de se sentir quantité négligeable lorsqu'il est cinq heures par jour devant son poste, face à des modèles, à des stars, à des dieux et des déesses auréolés de tant de prestige.
Aujourd'hui pour exister, pour sortir du néant, il faut être consommé; il faut devenir un bien de consommation, une marchandise de masse reproduite à l'infini sur les écrans, dans les magazines, sur les murs.
C'est l'univers de l'anti-sagesse. Plutôt que de chercher à être soi, on veut devenir quelque chose, une image sur un écran ou une affiche, un modèle destiné à produire d'innombrables copies.
Grâce à la télévision, le dernier des imbéciles croit tout savoir sur tout, alors que plus personne ne peut donner un sens à sa vie.
Ceux qui détiennent une parcelle de pouvoir sur la télévision possèdent un instrument surhumain d’endoctrinement. Avant l’avènement de la télévision, l’opinion publique était déjà façonnée par la presse écrite, mais cette dernière était très diversifiée. Aujourd’hui, non seulement la presse écrite et les radios ne reposent quasiment que dans une seule main, mais la télévision crée les modes de pensée, décide de ce qui est bien et de ce qui est mal, sans aucune contestation possible, et dans le seul but de vendre, ce qui est le comble du non-sens. L’exemple évident est donné par la propagande multiculturaliste dans tous les médias, à partir des années 1980, pour l’imposer à tous les esprits, sans jamais qu’il soit possible d’en montrer, à côté des avantages, les inconvénients et les dangers. Un endoctrinement pour préparer tous les téléspectateurs à la "Mondialisation", qui n’est rien d’autre que la dictature de la Finance Mondiale, ce qui n’est pas le moindre des paradoxes.
Auparavant, profiteurs et magouilleurs faisaient leurs coups en douce, aujourd'hui ils sont fiers de se donner en spectacle devant un peuple qui ne croit plus en rien mais reste avide de tout.
Un peuple aussi dégoûté que frustré et envieux.
La télévision est devenue le "Maître à Penser" de la masse.
La télévision c'est la victoire du lénifiant, le triomphe des idées toutes faites, captées les unes derrière les autres sans temps de réflexion. Images ingurgitées sans filtre, rêves préfabriqués, peurs et angoisses programmées… Tout cela distillé dans un récepteur qui n’a plus de cerveau que le nom.
Le cerveau encombré de scories médiatiques, l’homme moderne a perdu la tête.
Ceux qui ne savent pas pratiquer le silence, ceux qui ne peuvent jamais se taire, ne peuvent jamais se connaître.
Les médias audiovisuels sont les nouveaux jeux du cirque.
" Panem et circenses " se traduit aujourd'hui par RMI et télévision.
Un proverbe chinois dit qu'une image vaut dix mille mots. C'est sans doute pourquoi aujourd'hui le conditionnement par l'image est infiniment supérieur à tous les assujettissements de l'esprit que l'homme a pu connaître dans toute son histoire.
Et Bill Gates, héros des temps nouveaux a osé avouer : " Qui maîtrise les images, maîtrise les esprits". Depuis l’apprenti sorcier essaie de se racheter par l’humanitaire.
Depuis l’avènement de la télévision et la prise du pouvoir par les médias, c’est dès le jeune âge qu’il faut apprendre à ne pas se laisser duper par les images, à ne pas vivre en permanence, sous influence.
Les images de la télévision présentent un monde idéal mais totalement mensonger, où chacun, triste, grossier et mortel se retrouve dans une situation de dépendance hypnotique pire que celle des anciens grecs vénérant les dieux de l'Olympe.
La frénésie parkinsonienne du zapping est un handicap majeur à la méditation et à l'introspection.
C'est une perte immense pour l'individu. Mais c'est un très bon entraînement au conditionnement intégral. C'est un gain de temps pour l'homme bionique de demain, l'homo zappiens dressé à réagir très vite à tous les stimuli. Il semble que ce qui est important aujourd’hui, ce n’est pas d’apprendre aux jeunes à réfléchir, mais de les entraîner par le jeu, à piloter demain des robots, à devenir eux mêmes des automates manipulateurs de robots.
Grâce à l'omniprésence des médias, le regard de l’homo-consommatus ne peut se perdre ; il a toujours quelque chose sur quoi se fixer, s’hypnotiser.
Afin que jamais, au grand jamais l’homme ne soit pris par le vertige, face à l’abîme d’une minute de silence.
Des fois que sa glace lui renvoie l’image de sa nature profonde.
Des fois qu’il en arrive à se demander pourquoi il fait ceci et cela plutôt que rien.
Des fois qu’il ait l’idée de tenter de se connaître un peu plus lui-même.
Celui qui peut rester un quart d’heure sans rien faire est déjà suspect. La quasi totalité des gens sont angoissés, paniqués dès qu’ils ont un quart d’heure à ne rien faire. Dans la salle d’attente du médecin ou du dentiste, le patient, dès qu’il arrive se jette sur les revues « people » qui traînent là. Pourquoi ne pas profiter de ces quelques instant, loin de l’affairement habituel, pour faire un retour sur soi, pour écouter son corps, découvrir des sensations, respirer plus à fond et plus calmement, essayer de faire le vide dans son mental, essayer de ne penser à rien ne serait-ce que pendant vingt secondes. Faire le jeûne du mental, comme il est bon fréquemment de pratiquer le jeûne alimentaire.
Il est urgent d’arrêter de toujours faire, et essayer enfin, d’être. Ne plus se demander ce qu’on a à faire, mais simplement qui on est. La société, la religion, l’employeur demandent tellement de faire, que plus personne n’a le temps seulement d’apprendre à être.
ANNABA
(A SUIVRE)Suite du livre en train de s’écrire et intitulé :
Traité de savoir-survivre à l’usage des jeunes générations
Les hommes, même les plus érudits (surtout les plus érudits ?) mentent. Souvent ils n’en ont pas vraiment conscience, puisque ce auquel ils croient, ils ne se sont jamais posé la question de savoir si l’inverse pouvait être également vrai. On oublie trop souvent la force, surtout depuis le jeune âge, de l’endoctrinement par la famille, la religion, l’école, l’université, l’entreprise… sans parler bien sûr, du formidable pouvoir d’endoctrinement de la télévision et des médias. Par exemple, de nombreuses personnes critiquent le système économique impérialiste des Etats-Unis et son rôle destructeur des économies et des politiques des autres pays (ce qui certes, n’est pas faux), mais au lieu de regarder à la télévision des documentaires souvent bien faits et objectifs sur ce sujet, ils passent la quasi totalité de leur temps passé devant la télévision à regarder des séries américaines, sans se rendre compte que ces scénarios sont faits aussi pour modifier la mentalités des téléspectateurs du monde entier et pour les habituer à admette comme une fatalité les ennuis et les malheurs qui leur arrive. Dire que les feuilletons et séries américaines véhiculent une idéologie est une banalité, mais par facilité et insouciance, on préfère l’oublier.
C’est ainsi que malgré toute notre bonne volonté, nous sommes d’abord, des êtres conditionnés. Nous croyons êtres libres de nos pensées et de nos actes, mais en fait nous pensons et nous faisons ce que nous avons été conditionnés à penser et à faire. Et en effet comment pourrions nous faire quelque chose qui n’ai d’abord été pensé ? Et comment cette pensée nous est-elle venue ?
Cette dernière question doit toujours être présente dans notre esprit. C’est ainsi et seulement ainsi que nous pouvons tenter de nous connaître mieux.
Si nous arrivons à connaître notre être profond, c’est-à-dire, ce qui est permanent en nous et les valeurs auxquelles nous croyons, indépendamment des conditionnements contradictoires du quotidien, cela construit un socle sur lequel nous serons stables et non bringuebalés comme une girouette de droite et de gauche, c’est le cas de le dire.
Cette nature profonde, cet être profond, c’est chaque jour que nous avons l’occasion d’en découvrir des morceaux. Il suffit de nous écouter, d’analyser nos sensations, nos réactions inconscientes. Comme si face aux événements de la vie et au contact des autres, notre cœur nous parlait. On ne l’entendra pas si l’on refuse de l’écouter sous le prétexte qu’il parle à contre-courant de l’opinion publique ou de ce que pensent nos proches. Il s’agit de découvrir ce qui met notre cœur en paix et ce qui le met mal à l’aise.
Or pour cela, je suis désolé, je le répète, il faut se méfier du monde. Aujourd’hui, l’enfant, l’adolescent, l’adulte, sont tellement sollicités par la publicité, par les émissions de télévision, par les jeux vidéo, par des activités en tous genre le plus souvent futiles, qu’ils sont tellement dispersés qu’ils ne peuvent plus se recentrer en eux-mêmes. Comme dit le Boudhha, ils sont comme un singe qui saute de branche en branche. Toutes ces sollicitations sont extérieures ; jamais aucun arrêt pour sentir son corps vivre et son mental se concentrer sur un sujet.
Si on dit : « qui a encore aujourd’hui une vie intérieure ? », la réponse sera :
« Qu’est-ce que c’est que ça ? ».
Or c’est par la vie intérieure, par l’imagination et la réflexion qu’on arrive à être moins dépendant de multiples choses et de multiples contraintes, parce qu’on a mis au jour leur futilité. C’est ainsi qu’on arrive à plus d’autonomie, donc à plus de liberté.
La quasi totalité des gens sont angoissés, paniqués dès qu’ils ont un quart d’heure à ne rien faire. Dans la salle d’attente du médecin ou du dentiste, le patient, dès qu’il arrive se jette sur les revues « people » qui traînent là. Pourquoi ne pas profiter de ces quelques instant, loin de l’affairement habituel, pour faire un retour sur soi, pour écouter son corps, découvrir des sensations, respirer plus à fond et plus calmement, essayer de faire le vide dans son mental, essayer de ne penser à rien ne serait-ce que pendant vingt secondes. Faire le jeûne du mental, comme il est bon fréquemment de pratiquer le jeûne alimentaire.
C’est au plus profond de nous même que réside notre vérité et non dans les belles paroles des autres.
Notre inconscient fait tout pour nous empêcher de réfléchir à l’absurdité de la vie qu’on mène.
Vous me direz que de voir la réalité telle qu’elle est peut s’avérer déprimant, procurer un sentiment d’impuissance et rendre pessimiste. Je répondrai qu’au contraire, la connaissance de soi et la compréhension de ce qui se passe dans le monde donne confiance en soi, et permet justement d’anticiper les évènements ; en un mot, cela permet, certes de façon toute relative, d’être mieux maître de son destin. Même si le but de la connaissance de soi est plus spirituel que matériel.
Si le monde ne comporte que des menteurs et leurs victimes, les naïfs, essayez de n’être ni l’un ni l’autre. Et si vous n’avez pas d’autre choix, alors ne soyez pas naïf.
Vous allez me dire encore que tout cela est bien pessimiste et que de nombreuses personnes et quantité d’associations et d’institutions consacrent leur temps à améliorer le sort des déshérités et à inciter les gouvernements et les instances internationales à prendre des mesures contre les injustices.
Alors je vous demanderai : « Où est le résultat de tout ça ? »
Par exemple des traités sont signés pour que des diamantaires ne se fournissent pas auprès de réseaux révolutionnaires qui, en Afrique, volent aux compagnies occidentales une partie de leur production pour pouvoir acheter des armes. Mais les acheteurs falsifient leurs comptes pour que ça ne se voie pas, et ainsi ils continuent à entretenir la guerre. Et que cache la production officielle ? Un néocolonialisme des plus abjectes, puisque des potentats sont mis en place avec l’aide de gouvernements occidentaux afin d’accepter des contrats léonins qui arrosent les dirigeants et laissent la population dans la plus grande misère, quand des paysans ne sont pas chassés de leurs terre pour agrandir les exploitations minières ou pétrolières. D’une manière générale, les mesures de solidarités sont faites pour calmer les opinions publiques occidentales, mais n’ont aucun effet sur le terrain. Pendant longtemps, les aides n’ont eu pour seul but, de faire cultiver dans les pays pauvres, ce que les occidentaux avaient besoin ou pouvaient consommer, quitte à supprimer les cultures vivrières locales en affamant la population.
Lorsqu’on voit toutes ces associations et ces ONG qui luttent contre le sida, les maladies graves, la pauvreté, qui défendent tous les exclus et autres « sans papiers », sans compter ces personnes qui avec un réel dévouement partent au loin, dans des pays peu sécurisés pour soigner des blessés et des malades, l’on se sent rassuré, l’on a bonne conscience, et l’on n’y pense plus.
Mais les problèmes continuent, s’amplifient parce que les causes de la misère sont toujours là. Et les causes de la misère c’est ce système économique dont le seul moteur est le profit financier, sans aucune autre considération. Ce n’est pas nouveau ; la révolution française, révolution bourgeoise a vite remplacé la morale religieuse castratrice par la morale du profit, encore plus castratrice.
« La morale du profit, parfaitement méprisable, remplaçait la morale de l’honneur, parfaitement haïssable ; au mystérieux pouvoir du sang, parfaitement ridicule, succédait le pouvoir de l’argent, parfaitement ubuesque ». Traité de savoir-vivre…
Ce système pratique le néocolonialisme partout dans le monde où il y a une richesse à spolier, même si cela doit faire le malheur des populations locales ; ce système qui met des milliers d’ouvriers à la rue dans le but de délocaliser les usines à l’autre bout de l’Europe ou du monde parce que les salaires sont plus bas, et surtout parce que là-bas, il n’y a pas de syndicats. Le résultat, ce sont des conditions de travail inhumaines ; et notre « fièvre acheteuse » nous fait oublier cette misère.
Il faut oser dire que tous les efforts et les actions de ces associations et de ces ONG sont dérisoires vu l’ampleur de la tache. Mais tout le monde s’en satisfait, d’abord parce que l’on va dire : « Mais qu’est-ce qu’on peut faire ? ». Et en effet, changer radicalement un système économique qui domine toute la planète, qui pourrait s’atteler à cette tache ? Et qui le souhaite ? Les Occidentaux ont vécu dans le confort jusque dans les années 90 (pas tous bien sûr, mais la grande majorité), parce qu’ils exploitaient les pays sous-développés et les pays dits aujourd’hui « émergeants ». Si notre kilo de beefsteak est relativement bon marché, c’est grâce au Brésil qui nous vend du soja à bas prix pour nourrir nos bœufs ; mais aussi parce que le pétrole n’est pas encore assez cher et parce que le soja est exploité là-bas de façon intense, avec force engrais et pesticides chimiques, et après avoir expulsé des milliers de petit paysans qui sont allés grossir les cohortes de chômeurs dans les grandes villes.
Depuis le début de la révolution industrielle, ceux qui sont au pouvoir, de quelques bords qu’ils soient, demandent aux salariés de faire des sacrifices pour des lendemains meilleurs, mais depuis, si la population a sextuplé, la misère aussi. En ce début du XXIe siècle, près d’un milliard et demi de personnes vivent dans le plus profond dénuement. Un milliard et demi… c’était la population totale de la planète il y a un siècle.
Où est le progrès ?
En tout état de cause ne jamais se laisser subjuguer par les promesses de paradis futurs ou de lendemains qui chantent. L’histoire nous montre que les promesses des chefs d’Etat et des gouvernements n’ont jamais été tenues.
La mondialisation grâce aux délocalisation et aux politiques de droite comme de gauche, tire chaque jour un trait de plus sur les acquis des luttes ouvrières du XIXe et du début du XXe, en toute conscience, parce que c’était dans son programme, afin que la Finance Mondiale puisse croître et prospérer.
Alors les gens sont satisfaits, grâce à la mondialisation, de pouvoir acheter des gadgets, des jeux vidéo ou de l’électroménager, qu’ils croient bon marché parce que ces produits viennent de Chine ou de Turquie.
Le monde est ce qu’il est, ni bon ni méchant. L’interdépendance et l’interaction de tous les évènements qui ont fait que le monde est ce qu’il est dépassent notre entendement ; nous ne pouvons détricoter ce gigantesque maillage qui s’est tissé dans le temps et dans l’espace. Il faut donc l’accepter.
Mais la connaissance de soi et du monde présent nous permet de savoir jusqu’où iront nos compromis avec le monde.
En principe cela doit nous amener à refuser une vie d’esclave, pour quelques compensations que ce soit. Ne jamais accepter le rôle du Stakhanov, du héros de la productivité. Préférer le rôle d’objecteur de conscience de « l’armée industrielle de réserve », c’est-à-dire d’objecteur de croissance. Le productivisme génère l’esclavage, avec toutes les bonnes justifications humanistes, comme le bonheur des hommes. Mais qui est habilité à énoncer ce qu’est le bonheur des hommes, hormis le désir de ne pas mourir de faim?
Nous devons être capables de jauger ce qu’il y a à gagner et surtout ce qu’il y a à perdre : autonomie, liberté, sincérité, honnêteté. Non pas parce que nous serions punis dans l’au-delà d’avoir péché ; il n’y a pas d’au-delà, du moins, un au-delà où une éventuelle âme humaine serait encore consciente de ce qui lui arrive. L’on ne mène pas sa vie avec des fables.
L’on sait ce que l’on ne doit pas accepter seulement parce qu’on est conscient des conséquences de nos choix.
Si l’on accepte de participer au malheur des autres, quel qu’il soit, de la simple escroquerie à l’anéantissement de peuples qui ne nous avaient rien demandé, ont ce situe dans le camp des animaux prédateurs et non plus dans celui des êtres humains, et c’est un engrenage où il n’y a plus de retour en arrière possible. Pour paraphraser Shakespeare, le bien qui est fait peut s’oublier ; le mal ne s’efface jamais.
Il faut jouer avec le monde en l’esquivant, parce qu’il est dangereux. Plus la société se développe et se technicise, plus elle génère de pièges en tous genres.
La simple observation de la vie dans les grandes villes le montre.
Il vaut mieux une vie précaire, frugale, en faisant ce que l’on aime, au sein de réelles relations humaines, que d’assumer des responsabilités pouvant influer négativement sur la vie des autres. La vie sur terre, pour tous les êtres, est faite d’un équilibre entre le négatif et le positif. Mais un être humain qui sait prévoir que ses actes auront un effet négatif sur les autres devrait s’abstenir.
Les dix commandements de Yahvé dans la Bible sont bien restrictifs ; la preuve : la Loi humaine compte des dizaines de milliers d’articles. Plus la société se développe, plus il y a de façon de nuire aux autres. Pourtant il suffirait d’un seul commandement : Ne nuis pas aux autres.
La simplicité volontaire, partagée entre des gens qui se comprennent, les rend heureux. Ils ont le regard clair et le sourire aux lèvres. Les grands dirigeants, les responsables de grandes entreprises, les cadres survoltés, malgré toutes leurs possession et leurs comptes en banque ont toujours l’air tristes. D’ailleurs, la seule preuve qu’ils ne sont pas satisfaits, c’est qu’ils accumulent leurs charges et en veulent donc toujours plus. Et quand ils rient, leur rire est forcé, il s’exprime sur le dos des autres, et surtout, il est toujours vulgaire.
Cela signifie qu’il ne faut pas accepter comme « argent comptant » les valeurs étalées partout par la société, dans les journaux, dans les magazines et surtout à la tété. Ce sont des valeurs choisies et privilégiées par ceux qui détiennent ces médias et veulent que ça continue ainsi et que ça leur rapporte toujours plus.
Comme on l’a déjà précisé plus haut, les valeurs sont à découvrir en soi-même. C’est là qu’est le seul livre de sagesse.
Annaba
Faut-il continuer ? A vous de décider.Suite du livre en train de s’écrire et intitulé :
Traité de savoir-survivre
à l’usage des jeunes générations
Louis-Ferdinand Céline a écrit dans le Voyage, « Tout ce qui est intéressant se passe dans l’ombre, on ne sait rien de la véritable histoire des hommes ».
Et Benjamin Disraeli : « Le monde est gouverné par de tout autres personnages que ne se l’imaginent ceux dont l’œil ne plonge pas dans les coulisses ».
C’est pourquoi, la jeune génération n’est pas obligé de me croire, alors qu’elle ne croie pas non plus les oracles officiels, patentés, les faiseurs d’opinion, qui n’ont cessé de mentir depuis… des millénaires bien sûr, mais surtout depuis un demi-siècle, depuis le rapport du M.I.T commandé par le Club de Rome et intitulé « Pour une croissance zéro ». Ce rapport avait tout prévu des difficultés qui nous assaillent en ce début de siècle et qui sont dus à la surexploitation des hommes et des ressources naturelles par la Finance mondiale.
Ne croyez rien sans avoir bien pesé le pour et le contre. Habituez-vous déjà à bien connaître celui qui a la prétention de vous convaincre. « On reconnaît l’arbre à ses fruits » est-il dit dans les Evangiles. Et même si, comme l’a écrit très justement Jean Anouilh : « Il y a tant de bonnes choses chez les pires d’entre nous, et tant de mauvaises chez les meilleurs, qu’il est impossible de dire lesquels devraient réformer les autres », l’honnêteté et la sincérité se reconnaissent aisément pour celui qui se connaît lui-même.
Voilà pourquoi ce que je vais vous dire, ne se trouve pas dans les livres religieux, sacrés ou profanes ; ni dans les traités des philosophes, et encore moins dans les discours des hommes politiques à quelques époques, lieux ou partis qu’ils appartiennent.
Tout d’abord je vous conseille d’observer.
En premier lieu la nature partout où vous pourras le faire.
Ensuite les grandes villes, ce qui est moins difficile à trouver, mais au combien plus dangereux.
Descartes avait bien décidé de faire table rase des connaissances, pour repartir de zéro afin de ne pas être « conditionné », mais comme disait un de ses contemporains : « Il commence par douter de tout et finit par tout croire », (Cité par A. Schopenhauer dans Parerga & Paralipomena). Et en effet toute sa logique est basée sur l’existence de Dieu et de la Providence divine que l’Eglise lui avait inculquées, et dont il n’a jamais pu se débarrasser. Sa méthode est viciée, et bien éloignée de ce seul impératif, que les antiques religions et les anciens penseurs égyptiens, grecs ou romains n’ont cessé de répéter : « Connais-toi toi-même ».
Lorsque l’on se connaît sois-même, on connaît le monde, et lorsque l’on connaît le monde, l’on se connaît sois-même disait le Bouddha.
En effet, commençons par observer la nature. Il n’y a rien de plus simple, et c’est pourquoi les hommes préhistoriques, pour qui s’était la condition de leur survie, connaissaient parfaitement leur environnement naturel et étaient bien plus sages que nous, malgré ce que nous disent nos prétentieux savants. Bien sûr, ne connaissant pas les causes premières des évènements qu’ils observaient, ils imaginaient des dieux ou des forces surnaturelles partout. Et alors ? Au moins connaissaient-ils les conséquences de leurs actes et se méfiaient-ils de tout ce qu’ils maîtrisaient mal. Depuis le début de son histoire, plus l’homme s’est éloigné de la nature, plus il s’est détaché de la terre qui le nourrit, plus il s’est enfoncé dans l’erreur, dans la poursuite de la satisfaction de désirs égoïstes, dans la recherche du pouvoir et de la domination sur les autres. Certes, à chaque étape de ce processus absurde, il s’est inventé de grandioses justifications, grâce à la religion et à la politique.
Que nous montre avec évidence la nature ? Sa cruauté. La nature est la scène d’une tragédie permanente. Tous les êtres vivants s’entredéchirent. Le fort, bien sûr dévore le faible, mais la nature a aussi donné à tous ceux qui sont vulnérables, la ruse ou des capacités extraordinaires de défense. Malgré ce que nous en disent les bien-pensants (dont il faut toujours se méfier, car ils ignorent leurs propres motivations), il n’y a là ni bien ni mal, ni péché ni crime. La nature a sa logique que nous ne comprendrons qu’après une longue initiation, dont le Taoïsme montre la voie. Et vous amener à l’entrée de ce chemin est mon seul objectif.
Les bien-pensants te diront également que l’homme (grâce à la religion, à la philosophie), est très différent des animaux, et qu’il a édicté au cours des âges des règles et des lois qui n’ont rien à voir avec celles de la nature.
Ce mensonge est tellement répandu que personne ne le met en doute. Chacun est d’ailleurs très fier de ne pas être pris pour un vulgaire animal.
Pourtant l’histoire de l’hommes, depuis son apparition sur terre est un gros livre dégoulinant de sang. Ceux qui font la guerre la justifient toujours par des idées religieuses ou politiques ; mais nous savons bien que c’est plutôt pour s’approprier des territoires, pour coloniser, pour spolier des richesses, du pétrole, des métaux, des diamants etc. C’est ainsi que l’homme a épuisé la terre et exploité des centaines de millions d’êtres humains en ne cessant d’affirmer que c’était pour le bien du peuple, tout en lui imposant une religion, une idéologie…
La quasi totalité de ceux qui cherchent à défendre coûte que coûte leur religion contre ses incohérences et ses contradictions, n’emploient que des arguments à l’évidence d’une très grande mauvaise foi, bien facile à débusquer. Mais les masses se moquent de l’évidence tant qu’elles peuvent suivre des chemins tout tracés et où elles se sentent en sécurité.
Un semblable état d’esprit règne chez les hommes politiques, mais leurs incohérences et leur contradictions sont plus difficiles à démontrer parce que les données sont plus complexes.
Le combat politique voit s’affronter en général deux principes également erronés :
Le premier principe, dû à Jean-Jacques Rousseau, dit que l’homme est bon naturellement et que c’est la société qui le corrompt. Ce philosophe a passé de long moments dans la nature, mais il s’agissait des jardins de ses puissants protecteurs et il a bien mal observé ce que la nature recèle de cruauté. Surtout, la société n’est pas une entité autonome et homogène, la société est faites d’êtres humains, et ce sont bien des hommes qui la dirigent, le plus souvent des hommes corrompus et corrupteurs, imbus de leur personne, assoiffés de pouvoir, et amenés pour le conserver à toutes les exactions possibles. Leurs victimes ne valent pas mieux lorsqu’elle arrivent à s’emparer du pouvoir à leur tour. Ce premier principe est la « ligne éditoriale » des gens qui se disent « de gauche ».
Le second principe, base même du libéralisme et de l’ultralibéralisme, n’est en fait, pas très éloigné du premier, et est bien aussi incohérent. Il énonce qu’il faut, en toute chose, faire confiance à l’homme et à la Divine Providence. Selon ce principe, l’équilibre « naturel » des choses, fait que la somme des intérêts particuliers concourt à l’intérêt général. C’est le principe du « Laisser-faire ». Que la connerie de tous concourt à l’intérêt général, il n’y a pas plus absurde, mais ça en arrange certain, bien sûr, toujours les mêmes, en général, ceux qui se disent « de droite ». On voit facilement le résultat d’une telle idéologie dans ce monde dominé par l’ultralibéralisme, qui sous prétexte de donner le bonheur à tous, n’a jamais fait autant de dégâts à la planète et à ses habitants, que ce soient les plantes, les animaux et les hommes.
Aucun des personnage de l’histoire de l’homme n’est innocent. Aucun des cent milliards d’êtres humains qui ont vécu sur cette planète depuis l’origine, n’est innocent.
(A SUIVRE)ANNABA
Ceci est un livre en train de s'écrire, intitulé:
Traité de savoir-survivre à l’usage
de la jeune génération
Si ceux qui prennent leur retraite en ce début de siècle avaient bien lu et compris le « Traité de savoir-vivre à l’usage des jeunes générations » de Raoul Vaneigem (1967), nous n’en serions pas là .
« Son importance ne devrait échapper à personne, car personne, avec le temps, n’échappera à ses conclusions » (page 9).
Ce livre, qui indéniablement, avec « La société su spectacle » de Guy Debord, a joué un rôle déclencheur dans les « évènements de mai 68 », est une analyse lucide de la société et de ce qu’elle pouvait devenir si la jeune génération l’acceptait telle quelle. Mais malgré la chance d’avoir pu connaître des textes aussi prémonitoires, cette génération a vite oublié la « substantifique moelle » du mouvement situationniste. Les médias, les syndicats et les politiques n’ont retenu de mai 68, que les revendications salariales, et la société spectaculaire marchande est repartie « sur les chapeaux de roues ».
Ce que devait produire les « évènements de mai 68 », c’était une nouvelle vision du monde et un changement radical de société. Il est évident que ce mouvement, conçu par de jeunes bourgeois pouvant profiter du loisir de la réflexion philosophique, ne pouvait pas être compris par la grande majorité des Français. Il ne pouvait qu’être dévié et récupéré par un système bien trop structuré et ancré dans la société.
Une société qui a tout mis en œuvre après mai 68 pour accroître la paupérisation, afin de couper l’herbe sous les pieds des situationnistes : « Nous ne voulons pas d’un monde où la garantie de ne pas mourir de faim s’échange contre le risque de mourir d’ennui » Traité de savoir vivre (page 8).
Et en effet un demi-siècle plus tard, il y a beaucoup plus de milliardaires et beaucoup plus de pauvres qu’en 68. La mondialisation a étendu le quart monde sur l’ensemble de la planète. Alors, qui oserait rêver aujourd’hui à autre chose que de ne pas mourir de faim ?
Bien qu’aucune preuve ne permette de l’affirmer, n’est-ce pas le système lui-même qui a généré les « évènements de 68 », ou du moins qui s’en est servi opportunément ?
Amusons-nous à analyser l’environnement économique et politique de l’époque, en premier lieu avec cette citation du Professeur Edouard Husson, certes un peu longue, mais si fondamentale pour comprendre le monde dans lequel nous vivons :
« Le 4 février 1965, le général de Gaulle prononça ce qui fut sans doute l'appel le plus important de sa présidence - et l'un des moins compris. Il attira l'attention du monde sur les dysfonctionnements de l'économie mondiale qu'allait bientôt entraîner le système monétaire international tel qu'il avait été conçu à Bretton Woods. Disposant de la seule monnaie convertible en or, monnaie dont ils avaient fait un moyen de réserve international, les Etats-Unis pouvaient s'endetter à volonté puisque le reste de l'économie mondiale avait besoin de dollars pour garantir sa propre fabrication de monnaie. En fait, comme le montrait De Gaulle, qui avait parfaitement intégré les leçons de Jacques Rueff, on avait passé le point d'équilibre: la quantité de dollars en circulation dans le monde était déjà telle que la monnaie américaine se dévaluait de fait. Il fallait refaire de l'or, disait-il, le point d'ancrage du système monétaire international.
Que ne s'est-on payé la tête de De Gaulle à l'époque! Sa conférence de presse fut la première d'une série d'analyses lucides de l'état du monde (les discours de Phnom Penh, de Montréal, de la conférence de presse sur la Guerre des Six jours), qui se révélèrent toutes prophétiques, mais qui coupèrent progressivement l'ancien chef de la Résistance française des faiseurs d'opinion, puis ébranlèrent la confiance d'une partie des Français. Le mythe d'un président trop vieux se répandit, complaisamment entretenu par la presse anglo-américaine. Pensez-vous, De Gaulle croyait encore à ces vieilles lunes, il n'avait pas lu Keynes, le pourfendeur de la «relique barbare», l'or! Personne ne suivit le président français, ni ne comprit la portée de ses avertissements. C'était l'officier de la Première Guerre mondiale qui comprenait comment les Américains entretenaient, au Vietnam ou dans la multiplication des missiles intercontinentaux, l'esprit de la Guerre froide - grâce à une fabrication potentiellement illimitée de dollars, pourvu que le «monde libre» marche dans la combine. Et tout cela afin de doper, par un «keynésianisme militaire», leur économie soumise à toujours plus rude concurrence (européenne dans les années 1960, asiatique depuis les années 1970). A l'opposé, les soixante-huitards pacifistes sont devenus, avec les années et malgré leur slogan «Faites l'amour, pas la guerre», les garants du système américano-centré. Dans les années 1980, ils ont découvert l'argent facile mis par les Etats-Unis à la disposition du reste du monde, et ont vite oublié leur vieille détestation de l'impérialisme américain. Ils ont toléré, puis encouragé, un système international où le pétrole a remplacé l'or comme garantie matérielle du dollar, ce qui conduit les Etats-Unis a défendre toujours plus agressivement le contrôle qu'ils exercent sur les approvisionnements pétroliers - au risque d'embraser le Moyen-Orient. Ils ont participé toujours plus activement à l'accaparement toujours plus frénétique par une minorité d'individus toujours plus voraces d'un dollar-papier toujours plus dévalué et des produits financiers fondés sur lui à la valeur toujours plus hypothétique. Il n'y a pas d'autre explication sérieuse à la croissance des inégalités dans le monde.
Si l'esprit européen avait été une réalité à la fin des années 1960, les membres du Marché commun auraient fait bloc derrière De Gaulle et exigé des Etats-Unis qu'ils remettent de l'ordre dans leurs finances et qu'ils adhèrent sérieusement à l'esprit de détente. Mais les Etats-Unis n'eurent rien à craindre: on se moqua de De Gaulle, on se réjouit de son départ. Personne ne s'opposa au coup d'état monétaire d'août 1971, lorsque Nixon annonça que les Etats-Unis n'honoreraient plus la convertibilité en or du dollar - le président Pompidou et son ministre des Finances Giscard capitulèrent comme les autres Européens. Et depuis plus de trente ans, le monde a dû subir un système monétaire international pervers où les déficits américains servent à financer la croissance monétaire mondiale, où les Etats-Unis drainent jusqu'aux trois quarts de l'épargne mondiale. Car lorsque l'on a des dollars-papiers toujours plus nombreux - et donc valant en réalité toujours moins - on n'a guère d'autre perspective que de les replacer aux Etats-Unis en espérant que la force de travail des Américains, leur ingéniosité financière et leurs dépenses de défense en maintiendront la valeur ».
La politique de la France et de l’Allemagne avant 68 était d’emmagasiner le plus d’or possible, afin d’obliger les Etats-Unis à modérer le rythme de leur planche à billets et afin que le Franc et le Mark soient également acceptés comme monnaie des échanges internationaux. Avant les « événement de mai 68 » la France et l’Allemagne détenaient plus d’or que n’en contenait Fort Knox. La France et l’Allemagne pouvaient mettre les Etats-Unis en faillite !
Cela n’avait pas été possible sans une politique d’austérité, que l’Allemagne supportait mieux que la France. Les Etats-Unis sachant très bien que si De Gaulle allait trop loin, c’était leur hégémonie sur le monde qui risquait de disparaître au profit de l’Europe, se devaient d’agir. D’une part ils connaissait le raz le bol des ouvriers français, près à se lancer dans des revendications de salaires. D’autre part, de même qu’aujourd’hui, dans les banlieues des cités françaises, la CIA s’intéresse aux jeunes susceptibles de rejoindre les islamistes, et pour les en détourner, financent un certain nombre de leurs projets, l’on peut penser qu’elle avait infiltré certains groupuscules étudiants. La CIA a pu profiter du mouvement situationniste en incitant certains groupuscules à passer aux actes. Est-ce farfelu quant on sait que de futures présidentiables, très proches des américains, mettaient tous leurs réseaux en branle pour obliger De Gaulle à rejoindre son cher Colombey-les-Deux-Églises ? Et comment expliquer autrement, que nombre d’acteurs des « évènements de mai 68 » se soient retrouvés, dès l’arrivée de Giscard d’Estaing à l’Elysée, à des postes clés, en contradiction totale avec l’esprit de mai 68 ?
Avec le départ de De Gaulle, la France et l’Europe ont perdu définitivement la possibilité de rester politiquement et économiquement indépendantes des puissances financières mondiales, ce qu’on appelle par euphémisme, la mondialisation.
En second lieu, et pour enfoncer le clou où ça fait mal, un article du « Monde » a révélé que les Etats-Unis ont fait la guerre à l’Irak parce que Saddam Hussein avait décidé de vendre son pétrole contre des euros et non plus contre des dollars. C’est la véritable cause de sa mort et de cette hécatombe. Si Saddam Hussein avait pu vendre son pétrole contre des euros, l’Iran aurait suivi, puis certains pays arabes. Les Etats-Unis savaient que les échanges internationaux en euros auraient fait boule de neige et que cela représentait une catastrophe pour eux. A la différence des Français, tout Américain le sait. Il sait aussi que pour lui, la guerre est une question de survie ! Seuls les Français croient que le Président des Etats-Unis a le pouvoir de faire la guerre ou non.
Après l’Irak, l’Iran cherche à réaliser ses échanges en euro, mais il connaît le risque, la guerre avec les Etats-Unis, sous n’importe quel prétexte.
Les gens croient aussi que l’Union Soviétique a sombré par la volonté de Gorbatchev et autres artisans de la « perestroïka ». En fait la mafia sévissait déjà dans la Russie soviétique, elle avait déjà corrompu les apparatchiks et la plupart des fonctionnaires qui étaient très mal payés par le régime en faillite. Les Américains n’ont eu qu’à faire marcher la planche à billets pour leur distribuer des dollars par leurs réseaux infiltrés dans la mafia russe. Tous les pseudos milliardaires russes qui se pavanent aujourd’hui, où auraient-ils trouvé les sommes nécessaires au rachat des entreprises d’Etat ? En fait ils ne sont que les hommes de paille des milieux d’affaire américains. Ce ne sont ni la guerre froide ni les armes de destruction massive qui ont eu raison de l’empire soviétique, mais le dollar !
Raoul Vaneigem et Guy Debord n’ont pas été écoutés et le monde a profondément changé depuis lors. Il est trop tard pour revenir en arrière, puisque tout ce qu’ils ont prévu est arrivé. Les problèmes qui se posent à l’humanité aujourd’hui sont maintenant d’autant plus dramatiques que les mentalités n’ont pas été préparées à accepter les mesures draconiennes nécessaires, inéluctables. Plus les élus se contredisent et se déchirent sur la politique à mener, plus le temps passe et plus les conflits à l’extérieur et à l’intérieur s’enveniment, plus la paupérisation gagne du terrain, plus les insécurités s’emmêlent, prennent de l’ampleur, vont dégénérer en guerres civiles, et ouvrir la voie au fascisme.
(A SUIVRE)
ANNABA
