Ingrid Betancourt et le Show-biz (bis) :

Voici un 4é extrait de "Proférations gnostiques". En lire ou en écouter d'autres, sur le site
http://philippe.annaba.free.fr
Quelle absurde destinée
que celle du chasseur ou de l’éleveur ;
obligés pour survivre,
de massacrer d’autres êtres vivants.
Et nous sommes maintenant
bien trop nombreux
pour vivre de cueillette.
Quant à travailler la terre, si basse,
quelle servitude, pour finalement, engraisser
des marchands âpres au gain,
ou des propriétaires d’immenses domaines
acquis le plus souvent
de façon bien peu avouable.
En effet, si l’homme était véritablement sapiens,
la terre, comme l’eau et l’air,
ne devrait-elle pas appartenir à tous ?
Ces arrogantes édifications,
toutes ces accumulations de laideurs,
toutes ces prétendues œuvres
dont l’homme est si fier,
sont pourtant aussi dérisoires que périssables.
Alors qu’il n’y a rien de plus beau
que le vol d’un goéland au-dessus des eaux.
Nous sommes persuadés
que sa petite tête d’oiseau ne pense à rien,
alors qu’il est mieux que nous,
capable de comprendre le Tout.
Qu’avons-nous de plus que lui ?
Des désirs, des envies, des jalousies
des ambitions démesurées
qui encombrent notre mental,
et n’engendrent que conflits.
Sans parler de cette cul-cul culture du nul,
de cet Art-Bluff qui s’étale avec tant de prétention,
de cette philosophie messianiste qui tourne en rond,
et de cet humanisme, cette enflure de l’ego social,
qui veut nous faire croire, encore et encore,
que nous faisons deux avec la Nature,
qui n’aurait été créée que pour nous, les hommes !
Tout cela révèle notre ridicule prétention,
et notre incommensurable orgueil.
Que savons-nous de certain,
à part que nous allons mourir ?
Pourquoi cet oiseau ne serait-il pas mon frère,
bien plus que tous ces arrogants humains,
que leur trop-plein de neurones,
a rendu toujours plus prédateurs,
envahisseurs, dominateurs et destructeurs ?
Aucun goéland n’a jamais enfreint les lois de la nature,
alors que l’homme n’a jamais rien su faire d’autre,
jusqu’à s’autodétruire.
Pourquoi l’homme qualifie-t-il de " bête",
ce qui lui parait stupide ;
alors que chacune des pages de son Histoire
ne révèle que l’ irrationalité de ses actes ?
Et c’est bien plutôt « hommerie »
le véritable synonyme de connerie.
ANNABA
3è texte extrait de « Proférations gnostiques ».
Écouter celui-ci et les autres sur http //:philippe.annaba.free.fr
rubriques « Proférations »
Dieu a raté le monde,
puisque les êtres ne peuvent y vivre
qu’en s’entredévorant.
La Terre n’est que le théâtre de la cruauté,
partout et à tout instant.
C’est pourquoi, après mûres réflexions,
Dieu a créé l’homme,
un super-prédateur,
pour détruire la nature.
Pour exterminer chaque espèce
l’une après l’autre.
Et en même temps,
s’anéantir lui-même…
Mais Dieu bien sûr, n’existe pas.
Tous les gens sensés vous le diront.
Et pourtant, personne ne peut nier
l’omniprésence du Diable.
Il est partout, jadis, aujourd’hui,
ici, là-bas et en chacun de nous.
Son véritable nom est Mammon,
le Veau d’or,
que malgré les colères de Yahvé,
l’homme ne cesse d’adorer,
et qui étend sa domination cynique et criminelle
sur le monde exsangue.
Depuis des millénaires,
chacun sait qu’il corrompt
tout ce qu’il touche…
Il infiltre les meilleures âmes,
ramollit l’esprit des sages,
pourrit l’être dès le jeune âge,
contamine les peuples les plus éloignés,
pervertit les plus purs,
pousse au crime les plus faibles.
Son art est de se rendre indispensable
afin que l’homme ne sache plus rien faire
que dépenser et dépenser encore…
Satan n’a pas tenté Ève avec une pomme,
mais Adam, avec un bon paquet de dollars,
afin de l’attacher à la glèbe,
afin qu’il ne s’élève jusqu’aux dieux
et n’atteigne peut-être, l’immortalité.
À moins qu’après lui avoir donné le feu,
Prométhée, par pur sadisme,
n’ait donné la fièvre de l’or,
à un mâle impuissant,
afin qu’il nique ses voisins et embrase le monde…
Dans un dernier hurlement avant le Silence,
maudissons ceux qui depuis des siècles et des siècles
s’acharnent à nous endoctriner,
en nous cachant l’exécrabilité
de l’humanité !

Ceux qui nous prennent pour des benêts :
Dans le Figaro du 3 juillet 2008, pour Jean-louis Borloo, « La hausse des prix du pétrole est l’un des signes qui nous prouvent que le monde est entré dans l’ère de la rareté, rareté de cette forme d’énergie, rareté des matières premières, des sols cultivables… » Les sages du « Club de Rome » nous avaient déjà prévenu qu’il fallait changer de mode de vie, il y a 36 ans ! Peu de temps après, Hans Jonas, Nicholas Georgescu-Rogen, Jacques Ellul, et bien d’autres, ont attiré par leurs écrits, l’attention des médias qui ont fait la sourde oreille, sourds qu’ils sont à tout ce qui ne glorifie pas la « Croissance », le remède miracle de tous les partis, parce qu’aucun d’entre eux, d’extrême gauche à l’extrême droite n’ont le courage de dire la vérité à leur électeurs. L’ASPO (association for the study of peak oil), depuis dix ans, a prévu que l’augmentation de la demande allait être plus forte que l’offre. Depuis vingt ans les politiques des gouvernements successifs auraient dû préparer l’après pétrole en incitant ou obligeant les industriels à investir dans les énergies renouvelables. Ils font croire que ce qui arrive est le résultat de la fatalité, ce qui est un mensonge éhonté. Leur irresponsabilité est immense. Malheureusement le politiques ne paient jamais pour les désastres qu’ils causent par leur incompétence ou leur lâcheté. Et certes, leurs électeurs, qui préfèrent toujours le chant des sirènes aux discours justes, ont leur part de responsabilité. Mais c’est l’ensemble de la population qui se retrouve dans des difficulté insurmontables. Quand on pense que des courses de Formule 1 ont encore lieu, que l’on rase en centre ville des propriétés ou de vastes maisons pour édifier encore des clapiers concentrationnaires (les immeubles en construction aujourd’hui ne prévoient même pas d’électricité dans les garages), qu’on continue à construire d’immenses centre commerciaux à l’extérieur des villes, qu’on poursuit le programme autoroutier mais que les pistes cyclables se fabriquent au compte-gouttes, qu’on délocalise chaque jour un peu plus des entreprises qu’il faudra heureusement sous peu rapatrier etc., la liste est sans fin.
Monsieur Borloo nous prend pour des benêts, ce qui est grave, c’est que là, qu’il doit avoir raison.
En conclusion, un extrait de « Bienheureux les enfants de la Mère » :
Selon Aujourd’hui en France du 1er juin 2005, « En 2004 l’Allemagne a construit des installations photovoltaïques (énergie solaire) pouvant produire 600 mégawatts, et la France 4 mégawatts ».
Jusqu’à une date récente, EDF s’évertuait à mettre des bâtons dans les roues de ceux qui voulaient s’équiper de panneaux solaires. Cela n’empêche pas la société nationale, de se payer de grandes pages de publicité dans les journaux pour affirmer son combat pour les énergies propres (le nucléaire sans doute). C’est comme les grands groupes pétroliers, qui, après des décennies de lobbying pour restreindre le développement des énergies renouvelables, y consacrent aujourd’hui, une grande partie de leurs budgets de recherche, non par souci de moins polluer, mais pour être présent sur les marchés au moment de la fin du pétrole. Leur volonté est surtout de vivre du pétrole, jusqu’à ce qu’il n’en reste plus une goutte. C’est ce qu’ils appellent le développement durable, c’est à dire le maximum de profit à court terme, donc à courte vue. La preuve en est manifeste : bien que tout le monde sache que les ressources en pétrole vont se réduire ( la polémique ne se situe que sur la date, dans dix, vingt ou trente ans), pour les compagnies pétrolières, il faut vendre et vendre toujours plus. Le prix est toujours celui du marché (hors des taxes de chaque pays acheteur), alors qu’il aurait fallu l’augmenter fortement et continuellement afin de préserver le stock. Les producteurs auraient vendu moins, toujours avec les mêmes entrées de dollars, et cela aurait permis aux populations de s’habituer à la pénurie et de créer une demande pour des énergies moins polluantes. En effet, bien que l’opinion publique croie que l’essence augmente sans cesse, rapporté au pouvoir d’achat des automobilistes, son prix a été réduit de moitié entre 1970 et 2005. En revanche durant la même période, le prix en euros constants des transports en commun a grimpé de près de 55% (Fédération nationale des usagers des transports du 11 mai 2007).
« L’Agence internationale de l’Énergie (AIE) s’inquiète toujours d’une offre insuffisante pour les mois à venir et d’une envolée des cours, en particulier pour l’essence. » Nice-Matin du 12 mai 2007.
L’État français a montré jusqu’à maintenant une grande frilosité dans les incitations aux énergies renouvelable, cherchant surtout, comme à son habitude, à ne mécontenter personne et en particulier le lobby du nucléaire. C’est d’autant plus préjudiciable, que maintenant qu’il est urgent d’augmenter notablement les incitations fiscales, l’État est bien trop endetté pour pouvoir les financer.
Voici un deuxième texte de « Proférations gnostiques »,
poésies libres à lire et à écouter sur http://philippe.annaba.free .fr
La fraternité n'est qu'un leurre.
Les autres ne sont pas mes frères.
Ils ont tendu leurs pièges
et attendent leurs proies.
Au mieux, la fraternité ne joue
qu’au sein de la famille, du clan,
de la communauté religieuse,
du syndicat, du parti, de la loge.
Autant de sectes…
Et toujours au détriment des isolés,
des « sans dieu ni maître »,
qui peuvent bien crever la bouche ouverte.
À l’instar des victimes de Mère Teresa,
cette pseudo-sainte qui refusait « son » aide
aux femmes indiennes, coupables
du « péché » de contraception.
Le désir de reconnaissance sociale
est la névrose de ceux qui se fuient eux-mêmes.
La fraternité est un mot creux, vide de sens,
une gageure dans nos mégalopoles où ne règnent
qu’indifférence, ignorance et violence.
Un mot trompeur, pour ne faire de l’homme
qu’un rouage, qu’un esclave social,
accro du labeur et de la consommation.
Un mensonge pour lui cacher son essence,
qui ne se révèle que dans la pleine conscience
de son être, de sa nature profonde
et de la totale responsabilité de ses actes.
ANNABA, Éditions Les Presses du Midi.